Edmond Baudoin

Né en 1943 à Nice, je suis sorti de l’école à 16 ans. J’ai été « appelé sous les drapeaux » en 1962 et parce que je tirais trop bien au fusil, et qu’on avait besoin de moi pour des concours, je ne suis pas parti en Algérie. J’ai travaillé ensuite en « qualité » de comptable pour un Palace de Nice. Vers 30 ans, l’idée de mourir sans faire du dessin tous les jours m’est devenue insupportable. J’ai alors quitté la comptabilité pour retourner dans mon rêve d’enfant.

Personne ne m’attendait dans le « monde de l’art », j’étais un peu fou et pauvre pendant une dizaine d’années. (La pauvreté dans les années 1970 était plus supportable que celle d’aujourd’hui, il me semble). Aujourd’hui, dans un monde où les borgnes sont rois, je suis célèbre et vit (bien) en faisant des petits mickeys.

Le dessin m’a emmené à la BD qui m’a fait découvrir le bonheur d’écrire. Par un chemin compliqué la BD m’a emmené vers la danse contemporaine. J’ai participé à la création de spectacles avec Béatrice Mazalto et Carol Vanni. La modernité de cet art a grandement influencé mon travail de narration avec les cases et les bulles. La danse m’a fait aimer la musique. J’ai fait des performances avec des musiciens (jazz, rock, et classique). La BD m’a fait voyager dans le monde entier pour des conférences, des expositions, des spectacles.

Ma première BD a été publiée en 1981, j’en ai fait depuis, une cinquantaine. J’ai travaillé avec Le Clézio, Fred Vargas, Frank, Jacques Lob, L’abbé Pierre, Céline Wagner, Tahar Ben Jelloun, Philippe Chartron, Carol Vanni, Mircea Cartarescu. Mais la plupart du temps, j’ai été mon propre scénariste. Certains de mes livres ont eu des prix à Angoulême. « Couma Acco » meilleur Album en 1992, « Le Portrait » meilleur scénario en 1995. Fred Vargas a eu le prix du meilleur scénario en 2000 avec « Les Quatre Fleuves ».
Deux documentaires ont été réalisés sur mon nom, Un chemin avec Baudoin de Jacques Samson et Christophe Camoirano et Edmond (Un portrait de Baudoin) de Laetitia Carton.

Edmont Baudoin sur le web : http://www.edmondbaudoin.com

Ses dernières publications

J’ai été sniper, L’Association, 2016
Jazz à deux, Loto édition, 2015
Les Rêveurs lunaires, Gallimard Grasset, 2015
Le vertige, Cambourakis, 2014

Chants fragiles, L’Oeuf, 2016

Gros plan sur « Chants fragiles « 

Edmond Baudoin n’a pas fini de nous étonner. On savait qu’il faisait de la bande dessinée, de la peinture, de la danse contemporaine…
Ce qu’on découvre ici, c’est il écrit aussi des poèmes, des poèmes de mots et d’images.
Il cultive aussi les longues amitiés, ainsi, celle de Miquèu Montanaro, poète et musicien provençal aux semelles de vent, qui teinte ses compositions des multiples couleurs ramassées au cour de ses voyages.
Ces deux-là nous offrent 12 poèmes, écrits et dessinés sur le papier accompagnés d’un disque qui nous permet d’écouter les compositions de Miquèu illustrant les poèmes, et aussi de découvrir la voix d’Edmond au grain si chaleureux.

Un autre gros plan sur « jazz à deux »


Sur l’invitation du Festival «Jazz à Foix», en Ariège, Willem, dessinateur dans «Libération» et «Charlie Hebdo», et Edmond Baudoin ont recréé, à l’encre sur papier, des moments passés du festival.

Dessiner le jazz, c’est d’abord ce regard que peut porter le dessinateur sur le musicien, son instrument ou la musique qui s’en échappe. Leurs graphismes et leur approche, très différents, ont su capter les ambiances et la richesse de la programmation. Ils réinventent, à eux seuls, toute une atmosphère : celle d’un lieu, d’un instant, et, bien entendu, du jazz qui emplit l’intervalle. Dépasser l’antagonisme de leurs traits distincts permet ainsi d’avoir deux visions très riches à leur manière, entre un Willem au trait précis, incisif et décalé parfois, et l’encre de Baudoin qui s’étale comme le font les notes noires et blanches sur la partition, fige des instants magiques et déploie sa générosité jusqu’aux bords des feuilles mêmes.